CHAMPS LIBRES / LES VERTS – EUROPE ECOLOGIE

Citoyens, Associations et Verts, des pays d’Evreux Avre et Iton –

Archive for the ‘déplacements-mobilité’ Category

Changement climatique : coût des impacts et pistes d’adaptation

Posted by jfihey sur 9 novembre 2009

Synthèse du rapport de l’ONERC 2009

Le groupe a choisi de travailler à partir des scénarios A2 et B2 du GIEC, selon les simulations réalisées par Météo-France, avec le modèle Arpège-Climat. A2 est un scénario plutôt pessimiste, B2 un scénario optimiste : ces deux scénarios sont généralement ceux adoptés dans les analyses d’impacts du changement climatique.

En l’absence d’une prospective socio-économique de long terme régionalisée et par secteur sur la France, il a été décidé de travailler en conservant la situation socio-économique française actuelle (scénario dit à « économie constante »). Ce choix permet d’isoler l’impact du changement climatique de celui d’autres évolutions et de ne pas ajouter des incertitudes macroéconomiques aux incertitudes relatives aux aspects climatiques.

L’analyse n’a porté que sur une sélection d’impacts du changement climatique. Les coûts estimés doivent être considérés comme des ordres de grandeur en raison des limites des méthodologies utilisées et de la non-exhaustivité des évaluations réalisées.

Ressource en eau

En considérant une stabilité de la demande, un déficit de 2 milliards de m3 par an pour la satisfaction des besoins actuels de l’industrie, de l’agriculture (irrigation) et de l’alimentation en eau potable serait observé à l’horizon 2050. Les projections indiquent que les zones les plus touchées seraient celles déjà concernées aujourd’hui par des déficits structurels (par exemple le Grand Sud Ouest). La compensation du déficit potentiel de ressource en eau à horizon 2050 ne représente qu’une partie « visible » des adaptations nécessaires et une évaluation très partielle des nécessités d’adaptation des activités liées à l’eau. Tous les secteurs seraient affectés par cette évolution, qui se traduirait par une multiplication des conflits d’usage, une dégradation de la qualité des eaux et par la perturbation des écosystèmes aquatiques ou dépendants de la ressource en eau. L’adaptation de chaque secteur au changement climatique passera par une meilleure gestion de la consommation d’eau : l’adaptation de la demande et des besoins en eau est un axe prioritaire. L’évaluation du coût potentiel des mesures d’adaptation ne pourra se faire qu’au travers d’investigations locales : les réponses appelleront des mécanismes de solidarité géographique.

Risques naturels

La remontée du niveau de la mer aurait des conséquences économiques très importantes pour les habitations et les entreprises : plusieurs dizaines de milliers de logements seraient exposés à un risque de submersion dans le seul Languedoc-Roussillon avec un coût de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les coûts annuels induits par le retrait gonflement des argiles pourrait être multiplié par 4. Les effets des inondations par débordement de cours d’eau pourraient également être significatifs, avec dans ce cas des incertitudes importantes qui demeurent quant à l’impact attendu et la difficulté de distinguer les coûts induits par le seul changement climatique. Quant au coût relatif aux aléas gravitaires, il n’a pas été évalué du fait d’un grand besoin de connaissances. Il est cependant à souligner le fort impact sociétal qu’ont les catastrophes associées à ces aléas, pouvant entraîner des pertes de vies humaines et des coûts importants très localisés.

Biodiversité

Bien qu’il soit parfois difficile d’isoler les impacts du changement climatique des autres pressions subies par les écosystèmes et bien que la problématique soit très différenciée selon les écosystèmes et les espèces, des signes de modification de la biodiversité attribuables aux changements graduels induits par le changement climatique sont d’ores et déjà observables. La biodiversité est affectée directement par la modification de la température et de la pluviométrie notamment, mais les effets indirects pourraient être au moins aussi importants. Globalement, des pertes économiques significatives liées à la diminution voire la disparition de services de régulation sont à attendre en particulier dans la seconde moitié du XXIème siècle.

Santé

Le travail d’évaluation économique a porté sur l’impact de deux événements extrêmes majeurs (canicule de 2003 et inondation du Gard en 2002). On estimerait la valeur perdue par notre société du fait de la canicule 2003 à un peu plus de 500 millions d’euros dans l’hypothèse d’une perte moyenne d’une année de durée de vie. Concernant les inondations du Gard, le coût de la prise en charge des personnes présentant des troubles psychologiques a été estimé à environ 234 000 euros (pour 953 personnes). Il s’agit d’une estimation basse, puisqu’elle ne porte que sur le coût des soins (les coûts indirects et intangibles n’ayant pas été chiffrés).

Secteur agricole

Les modèles de croissance des grandes cultures utilisés projettent une hausse de rendement en réponse au changement climatique (notamment du blé jusqu’à l’horizon 2100). Cette hausse ne tient pas compte des variabilités inter annuelles et de la baisse de disponibilité en eau. A titre d’exemple, la multiplication des événements de type canicule de 2003 pourrait représenter en 2100 un coût allant jusqu’à plus de 300 millions d’euros par an pour une culture comme le blé en l’absence de mesure d’adaptation. La viticulture sera également affectée par le changement climatique, avec des disparités territoriales fortes et des effets sur la qualité des vins. Dans le cas des prairies, l’exercice réalisé pour la zone périméditerranéenne, amène à un coût de compensation des pertes de 200 millions d’euros par an sur la seconde moitié du XXIème siècle.

Secteur forestier

Une hausse de productivité (volumes de bois) est attendue à court et moyen terme en raison de l’augmentation des températures et du taux de CO2 dans l’atmosphère. Néanmoins, sur cette même période, les gains de productivité escomptés sont du même ordre de grandeur que les pertes possibles par dépérissement, incendie, sécheresse, etc. Après 2050, la tendance serait défavorable en raison du stress hydrique notamment dans le sud de la France, avec un risque accru de sécheresses et d’incendies laissant présager des impacts clairement négatifs à long terme. Le changement climatique attendu s’accompagnera d’une aggravation de l’aléa feux de forêt dans les territoires actuellement exposés ainsi que par une propagation territoriale (vers le Nord et en altitude).

Energie

Le changement climatique aura des conséquences sur la demande, avec une baisse de la consommation énergétique en hiver, mais une hausse en été en raison des besoins en climatisation pour les logements et les véhicules. L’évaluation économique de ces impacts fait apparaître une tendance d’économie d’énergie de l’ordre de 3%, mais le développement spontané de la climatisation résidentielle et automobile amputerait de moitié les économies d’énergie liées au réchauffement. En termes de production d’électricité, il faut s’attendre, en raison des contraintes liées à la ressource en eau, à une baisse de productible de l’ordre de 15% des centrales hydroélectriques, pour lesquelles l’eau constitue la « matière première ».

Tourisme

Il y aurait une dégradation du confort climatique en été sur une grande partie de la France métropolitaine, les températures maximales atteintes devenant trop élevées pour permettre un confort maximal des touristes. En 2100, un impact significatif sur le chiffre d’affaire estival est à attendre, en raison d’une évolution à la baisse de l’attractivité touristique sauf dans le nord-ouest de la France et de certains départements des Alpes. Concernant les sports d’hiver, une étude de l’OCDE en 2006 indique que, dans les Alpes, la diminution du manteau neigeux réduira la fiabilité de l’enneigement. Ce travail indique que dans toutes les zones géographiques de France métropolitaine, le secteur du tourisme devra s’adapter aux manifestations futures du changement climatique pour limiter les impacts négatifs et en saisir les opportunités potentielles.

Infrastructures de transport

Le changement climatique prévu pourrait rendre nécessaires des adaptations au niveau des infrastructures routières. Le risque de submersion marine permanente lié à une remontée d’ensemble du niveau de la mer d’un mètre représenterait un coût patrimonial, pour les routes nationales métropolitaines (hors autoroutes, hors autres voiries), hors pertes d’usage et hors effet « réseau » pouvant atteindre 2 milliards d’euros.

Territoires

Les territoires ne seront pas touchés de la même façon par le changement climatique : certains territoires, leurs activités économiques, leur densité démographique ou encore leur biodiversité, seront particulièrement impactés. Il a été mis en avant l’importance du pas de temps nécessaire à ce que l’on peut appeler « l’apprentissage de la vulnérabilité ». Cette conversion sera d’autant plus longue que les publics susceptibles d’être touchés par les impacts du changement climatique ne sont pas a priori homogènes. A cet effet, l’information, la sensibilisation et la mobilisation des acteurs et de la population au changement climatique et à l’adaptation constituent des aspects fondamentaux.

Et maintenant ?

Il convient maintenant de tirer parti des connaissances rassemblées par ce groupe interministériel pour réaliser un plan national d’adaptation ambitieux annoncé pour 2011 par la loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée le 3 août 2009. Le Ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le Climat, a souhaité que la préparation de ce plan fasse l’objet d’une vaste concertation nationale. Cette concertation qui se déroulera tout au long de l’année 2010 permettra de recueillir les avis de la société civile, des collectivités mais aussi de nos concitoyens sur un domaine encore trop peu connu. Ces travaux serviront également pour la réalisation, conjointement par le Préfet de région et le Président du Conseil régional, des Schémas Régionaux Climat Air Energie, prévus dans le projet de loi portant engagement national sur l’environnement et qui devront comporter un volet définissant les grandes orientations régionales en matière d’adaptation au changement climatique.

 Télécharger le rapport de l’ONERC (format PDF – 2.6 Mo) – 195 pages.
 Télécharger la synthèse du rapport (format PDF – 43.3 ko).

 

 

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Appel au rassemblement Haute-Normandie Ecologie

Posted by jyguyomarch sur 14 juillet 2009

Le 7 juin 2009, au terme d’un processus de large rassemblement, Europe Écologie dépassait la barre des 16%. Ce score, jamais atteint dans l’histoire de l’écologie politique depuis René Dumont, est dû, pour l’essentiel, à la clairvoyance et la volonté de Daniel Cohn-Bendit et de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, rejoints par José Bové, Eva Joly, Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Sandrine Bellier et Jean-Paul Besset, tous connus et reconnus pour leurs engagements éco-citoyens. Un nouvel espoir est né. Ce résultat nous donne une obligation nouvelle : celle de poursuivre la logique de rassemblement de la grande famille écologique nourrie des valeurs républicaines et de celles de la gauche humaniste.

Face aux crises économiques, sociales et environnementales qui se répètent depuis 1974, les politiques classiques des partis de droite (relance par l’offre) et de gauche (relance par la demande) ne permettent plus de trouver d’issue à la crise écologique à laquelle l’humanité est confrontée. Face à l’épuisement des énergies fossiles, au dérèglement climatique et à l’élévation du niveau des mers, à l’appauvrissement des terres agricoles et de la biodiversité, face à l’accroissement des inégalités et au tout « consumérisme », le modèle capitaliste productiviste est dans une impasse.

En Haute-Normandie, dans la perspective des élections régionales, comme partout ailleurs, nous devons initier un vaste plan de reconversion écologique de l’économie en favorisant les circuits courts et l’emploi local. Industrie automobile, agriculture, formation, industrie pharmaceutique, … notre région traverse l’une des pires crises qu’elle ait pu connaître jusqu’à présent. Pour élaborer ce plan, nous vous proposons de mettre en commun nos énergies, nos intelligences, nos bonnes volontés. Nous vous proposons de faire de la politique autrement. Il nous faut de toute urgence inventer de nouveaux outils qui dépassent le cadre des partis politiques traditionnels. Europe Écologie nous a ouvert la voie…Continuons !

Dans ce but, nous vous invitons à signer cet appel pour la mise en œuvre d’un large rassemblement, sans exclusive, autour des valeurs de l’écologie politique en Haute-Normandie .

Ensemble, imaginons le pouvoir de l’écologie en Haute-Normandie.

pour signer : http://jesigne.fr/haute-normandie-ecologie

Voici la plate-forme Haute-Normandie Ecologie : http://www.netvibes.com/haute-normandie-ecologie

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L’Ecology Day du 4 juillet 2009 : Les Rencontres européennes d’Europe Ecologie

Posted by jfihey sur 21 juin 2009

 Ecology DayLes Députés du Groupe Verts/ALE au Parlement européen vous invitent à participer à

L’Ecology Day : le 4 juillet 2009

Les Rencontres européennes festives et militantes d’Europe Ecologie


Lieu :
Mains d’Oeuvres
1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen, France

10h  Ouverture des portes, accueil

10h30 – 12h30 : Europe Ecologie : la belle histoire des européennes1. La campagne vue par ses acteurs :

 

Analyse et bilan de la campagne par les  Comités locaux en présence des eurodéputé-e-s français

Animation Pascal Durand : Coordinateur de la campagne, porte-parole d’Europe Ecologie

Lieu : salle Le gymnase

2. La campagne vue de l’Europe :

Analyse et bilan de la campagne en Europe des élections européennes par des eurodéputés du groupe Verts/ALE au Parlement européen : Pierre Jonckheer, Isabelle Durant, Raoul Romeva (sous réserve)

Animation Cécile Duflot : Secrétaire nationale des Verts, porte-parole d’Europe Ecologie

Lieu : salle Star trek


12h 30 – 14h
 : Déjeuner sur place

14h00 – 17h00 : Europe Ecologie : L’histoire continue

Interventions de Daniel Cohn-Bendit, Président du Groupe Verts/ALE au Parlement européen, puis d’acteurs et de soutiens de la campagne

Lieu : salle Le gymnase  + retour vidéo : Bar, salle Star trek, Galerie


17h15 – 19h30 : Spectacle

Carte verte à Gustave Parking et ses amis

19h30 – 20h30 : Dîner festif

21h00- 2h00 : Grand concert et Mix

 

 

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29 janvier 2009 : Opposition frontale à toutes les politiques du gouvernement Sarkozy

Posted by bfen sur 29 janvier 2009

La Chronique de Colm

mr-woerth

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Jamais, de mémoire des plus anciens militants ébroïciens, on aura vu tant de monde manifester ce jeudi 29 janvier 2009 dans les rues d’Évreux. Il en était de même ce matin à Rouen, et il en est de même partout en France. L’opposition frontale à toutes les politiques du gouvernement Sarkozy est sans appel et reçois le soutien et la sympathie des 3/4 de la population française. C’est donc un message sans ambigüité qui a été envoyé au pouvoir en place. Mais tous se demandent s’il a encore des oreilles pour entendre. Il nous faut donc dès à présent envisager la suite à donner à ce mouvement de vaste ampleur.

Comme nous le rappelle dans sa chronique Colm, le dessinateur favori de Champs Libres, le ministre du budget Woerth a, mardi matin dans le 7-9 de France Inter, produit une intervention autistique digne des meilleures années de la propagande pétainiste, refusant de répondre à une seule des questions posées par les trois journalistes chargés de l’interroger et assénant sans en démordre qu’en cette période si difficile, les français feraient mieux de se retrousser les manches plutôt que de manifester. Et bien les français l’ont entendu, ils se sont retroussé les manches, et il semble que ce soit durablement.

Pour les écologistes, la réponse à la crise doit proposer des réponses à l’urgence et, dans le même temps, préparer l’avenir. Car cette crise n’est pas un accident, mais le symptôme d’un système présenté comme « la seule politique possible » depuis plus de vingt ans, et dont la faillite est aujourd’hui évidente.

Les ajustements au coup par coup ne suffiront pas : il s’agit de changer de logique, et de réorienter dès maintenant nos modes de production et de consommation, d’agir pour la conversion écologique des activités, au bénéfice de tous et toutes.

Pour les écologistes, la crise est à la fois économique, sociale et écologique. Elle n’est pas un accident mais l’échec d’un système qu’on nous présente depuis trois décennies comme la seule politique possible et qui nous a emmenés dans le mur : faillite du système financier, récession, chômage, mais aussi aggravation des inégalités, casse de la protection sociale, recul des services publics, pillage des ressources, destruction des écosystèmes, déni des droits fondamentaux.

Le gouvernement prétend « refonder le capitalisme » mais en réalité, il propose toujours les mêmes recettes : au nom de la relance et de la compétition, c‘est toujours aux mêmes que l’on demande de se serrer la ceinture, de travailler toujours plus et de gagner moins pour financer les cadeaux fiscaux des autres et le renflouement des banques sans contrepartie.

L’urgence écologique quant à elle est reléguée au second plan des priorités : recul du Grenelle, paquet énergie-climat très insuffisant, relance des programmes autoroutiers ou soutiens à l’industrie automobile et à l’aviation sans exigence écologique.

La conversion écologique de l’économie est pour les écologistes la seule réponse durable à cette crise. Au lieu de maintenir artificiellement des secteurs condamnés à décroître, il vaudrait mieux développer les secteurs d’avenir : énergies renouvelables, moyens de transport alternatifs à la voiture, rénovation du bâti, agriculture biologique, économie sociale et solidaire… C’est là que résident les emplois qualifiés et non-délocalisables de demain.

Le Planing Familial vient de se voir couper 42 % de ses subventions d’état. Cela signifie la fermeture d’un tiers de leurs antennes d’accueil en France.

Signez la pétion en ligne en cliquant ici

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La crise automobile, trouver des solutions intelligentes

Posted by jyguyomarch sur 23 janvier 2009

– Tribune libre – 20 janv.09 : Pour des Etats généraux de la mobilité ! Par Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Olivier Louchard, Directeur du Réseau Action Climat France, Jean Sivardière, Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports

La crise qui traverse le monde de l’automobile est profonde et brutale. Pour ne pas avoir su anticiper une modification de l’attitude des consommateurs à l’égard de l’automobile, pour ne pas avoir voulu faire foi aux propos des écologistes qui s’époumonent à rappeler l’importance des impératifs climatique et énergétique, pour ne pas avoir pu résister aux sirènes de stratèges « éclairés » qui vantaient les mérites de véhicules lourds, chers et manifestement inadaptés au marché de l’automobile, ce secteur est désormais à l’agonie et réclame aides et soutiens publics.

Mardi 20 janvier 2009 est la date retenue par le Gouvernement pour organiser les Etats généraux de l’automobile et annoncer un plan de relance sectorielle. La grande mutation de ce secteur vaut bien une messe mais les solutions apportées seront-elles à même de répondre durablement à la crise du marché de l’automobile ? Il s’agit, dans l’urgence, de réussir à trouver des solutions intelligentes permettant de transformer radicalement les secteurs frappés de plein fouet par cette crise socio-écologique.

Devons-nous en ce sens, nous en réjouir ? Oui et non ! Non, car lorsque la Terre souffre, ce sont en premier lieu les salariés qui trinquent ! Oui, car si cette crise nous permet de mettre un terme à cette fuite en avant qui a conduit certains dirigeants à opter pour des modèles automobiles polluants, nous aurons déjà fait un grand pas dans le règlement de cette crise systémique. En ce sens, la politique de saupoudrage, dispendieuse pour le budget de l’Etat et totalement inefficace du point de vue écologique, n’est pas à la hauteur des enjeux.

Nous appelons de nos vœux une politique cohérente qui oserait s’affranchir de sa dépendance au tout-pétrole mais oserait également sortir des sentiers battus du tout-automobile. A cet égard, nous ne pouvons nous résoudre à voir l’Etat réduire le débat sur l’avenir de l’industrie automobile à un vulgaire échange sur le bienfondé des moteurs thermiques, hybrides ou électriques. Pour répondre durablement à cette crise structurelle du monde de l’automobile, nous devons nous attacher à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre facture énergétique. Pour se faire, il est impératif d’agir en amont et freiner la hausse continue de la demande de transports motorisés. Cela suppose la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures structurantes qui permettront de réduire les kilomètres effectués.

Il devient urgent de réorienter les politiques d’urbanisme en mettant l’accent sur la mixité fonctionnelle (et sociale) et en rapprochant logements, emplois, loisirs, commerces et ainsi limiter les déplacements quotidiens. L’étalement et le mitage urbains doivent être combattus. C’est en effet l’extension des zones urbaines qui génère les longues distances, les déplacements fréquents et la dépendance à la voiture individuelle.

Il nous faut également choisir une mobilité privilégiant le mode de déplacement le plus efficace énergétiquement ou le mieux adapté au contexte géographique : l’automobile toujours en dernier ressort et si possible en covoiturage, mais surtout la marche à pieds, le vélo, les transports en commun (métro, tramway, bus, train).

Cette crise nous offre une chance inespérée ; celle de développer un secteur d’activités s’enracinant dans les territoires en optant pour la construction d’infrastructures de tramways, de bus ou de train, très efficaces énergétiquement et peu émettrices de gaz à effet de serre. L’investissement dans les transports collectifs crée deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que l’investissement routier (infrastructures, matériel roulant, exploitation) et, pour la plupart, pérennes et par définition non délocalisables. A ce titre, l’annonce par François Fillon de relancer le programme autoroutier (A63, A150, A355), en contradiction évidente avec l’esprit du Grenelle est non seulement une voie sans issue mais également un non-sens historique.

Les aides de l’Etat doivent être conditionnées et évaluées à l’aune de leur bilan carbone et comparées en fonction de leur efficacité énergétique intrinsèque. En créant les conditions d’une dialectique unissant l’environnement et l’écologie, l’emploi et le climat, une nouvelle filière de la mobilité peut voir durablement le jour.

En réduisant cette nouvelle mobilité que nous appelons de nos vœux à la seule option automobile, l’Etat démontre par l’absurde qu’il n’arrive pas à s’abstraire des pressions des pétroliers et industriels de l’automobile. Est-ce que notre pays s’acharnera, avec ces Etats généraux de l’automobile, à mener des réflexions d’arrière-garde, restant prisonnier d’une vision largement cloisonnée, manifestement AUTOcentrée.

En pensant « mobilité » et non plus « automobile », la France se donnerait le moyen d’articuler urbanisme, logement, transport, services et emplois. Cette crise de l’automobile nous oblige à dépasser les analyses purement sectorielles. L’absence des représentants des associations de protection de l’environnement et ceux du secteur de la mobilité durable invités à intervenir aux Etats généraux de l’automobile nous laisse craindre le pire. Les salariés du secteur de l’automobile méritent mieux qu’un débat en trompe l’œil. Notre planète aussi !

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