Piétonniser les rues de Rivoli et de Rennes, réduire la vitesse à 30km/h
Posté par bfen le 3 octobre 2007
Denis Baupin, tête de file des Verts pour les élections municipales de 2008 à Paris, lance sa campagne et son site Internet mercredi 3 octobre. Dans une interview exclusive à «20 Minutes», il dévoile son programme: «Création d’un tramway intra muros entre les six gares parisiennes», «financement de 9.000 logements sociaux par an», «stationnement payant pour les motos», «suppression du boulevard périphérique» et «piétonisation des voies sur berges, des rues de Rivoli et de Rennes», font partie des mesures-phares qu’il compte défendre durant la campagne.
En matière de déplacements, quels dossiers comptez-vous défendre dans votre programme?
Le tramway des Maréchaux doit être prolongé mais nous avons deux désaccords avec le projet actuel. Nous voulons qu’il aille jusqu’à la porte d’Asnières comme convenu dans le Plan de déplacements de Paris et pas seulement à la Porte de la Chapelle. Et puisque la ligne doit être interrompue à la porte de Vincennes, nous demandons qu’elle relie la place de la Nation.
Avez-vous d’autres projets de transports en commun?
Nous proposons une rocade de tramway des six gares. La RATP a commencé à étudier cette hypothèse. D’après elle, ce serait un tramway extrêmement performant car il y a réellement une demande.
Quelles restrictions de circulation envisagez vous?
Nous voulons que la limitation de vitesse à 30km/h devienne la règle. L’exception serait 50km/h sur les grands axes. La vitesse moyenne à Paris est de 16km/h, donc on ne changerait que la vitesse de pointe. Nous proposerons aussi de réserver les rues de Rivoli et de Rennes, totalement ou partiellement, aux piétons, aux vélos, aux bus, aux taxis et aux livraisons à certaines heures ou certains jours comme Oxford Street à Londres.
Quel est le calendrier pour la piétonisation des voies sur berges?
En 2010-2011, les voies sur berges pourraient être transformées en coulée verte pour les piétons et les circulations douces. Pour cela il faut commencer par renforcer les transports collectifs le long de la Seine et sur la Seine.
Etes-vous toujours convaincu qu’il faudra faire payer le stationnement des motos?
Il faudra y venir quand le nombre de places pour motos sera suffisant. Il faut donner un signal économique pour inciter les utilisateurs à privilégier les véhicules non polluants. Les deux roues qui polluent peu pourraient en être exonérés.
Les villes limitrophes de Paris réclament des Vélib’. Que leur proposez-vous?
Le contrat avec J.C. Decaux comprend à ma demande une clause permettant l’installation de 500 stations supplémentaires avec 5.500 vélos. Cela coûterait 9,3 millions d’euros par an, financés par les collectivités. Il n’y a pas de problème juridique si on a la volonté politique d’aboutir. Il suffirait de six mois d’études et six mois de travaux.
Quels sont vos projets pour le «Grand Paris»?
Si on veut être compris de l’opinion publique on ne peut se contenter de parler institutions, il faut des projets concrets à cette échelle. Le métro Orbital (appelé aussi Métrophérique) doit être créé pour désengorger le périphérique. Ensuite, celui-ci être transformé en boulevard urbain d’ici à 2025 – 2030. Il faut supprimer cette barrière entre Paris et sa banlieue. Une première étape, en 2009 ou 2010, serait une voie consacrée au covoiturage, aux taxis, aux véhicules propres et à des bus express. Ce dernier type de transport, de Porte à Porte, manque à Paris. Il nous faut aussi une fiscalité commune, qui permette une redistribution des richesses, et le rééquilibrage des logements et des emplois entre l’est et l’ouest du territoire.
Que proposez-vous en matière de logement?
Nous voulons financer 9.000 logements sociaux par an, pour les catégories les plus modestes. Le grand objectif de cette mandature doit être que plus personne ne soit obligé de dormir dehors à Paris.
Estimez-vous qu’il faudra augmenter les impôts?
Nous considérons que la fiscalité, ce n’est pas sale. C’est un outil de redistribution, mais nous souhaiterions une fiscalité locale plus juste. Nous ne nous interdisons donc pas une augmentation fiscale, de la taxe foncière et de la taxe professionnelle, que nous n’avons pas encore précisément chiffrée. Face à la précarité sociale et à la crise écologique, il faut des politiques plus fortes. Les Parisiens peuvent l’accepter si on l’explique.
Propos recueillis par Magali Gruet

julien a dit
“Une voie consacrée au covoiturage”, ça c’est une idée qui me plait ! Les flics pourraient verbaliser tous ceux qui sont tout seuls dans leurs bagnoles ! Par contre, pour supprimer les voies sur berges et le périph… y’a du boulot…