CHAMPS LIBRES / LES VERTS – EUROPE ECOLOGIE

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Amour, couple et écologie, par André Gorz

Posté par bfen le 27 septembre 2007

 

Citron Vert – dimanche 25 février 2007.par Yves Caron

 

 

 

Ceci est un compte-rendu de lecture du dernier ouvrage publié par André Gorz : “Lettre à D.”, sous-titré “Histoire d’un amour”. Ce livre est exceptionnel.

 

Il l’est par l’importance de l’auteur, par le propos développé et par les non-dits qui l’accompagnent. Il l’est bien évidemment aussi grâce à Kay (nommée aussi D.).

C’est l’histoire, “récit” est-il écrit sur la couverture, de l’amour entre André Gorz et sa compagne, sa femme. Leurs débuts, avec un André Gorz peut-être presque, parfois, teigneux. L’évolution de leur couple, principalement parmi un milieu intellectuel parisien de gauche. Et son actualité, quand André Gorz veut encore et essentiellement dire de nouveau son amour à Kay.

Alors, ce livre ouvre sur la vie propre d’André Gorz. Il donne aussi quelques éléments sur la vie intellectuelle, en France, autour des années cinquante à quatre-vingt : André Gorz qui veut que les intellectuels influencent le devenir du parti communiste, puis qui y renonce, André Gorz et sa compagne qui vont découvrir l’écologie politique [1]et la critique de la “technoscience” [2].

Il doit être aussi pertinent de lire ce livre en entendant ses non-dits, ce qui par définition est difficile ! Néanmoins, il en va de quelque chose comme de l’égoïsme d’une posture publique lié à une relation amoureuse essentielle, ô combien structurante. Cela devrait interroger nos militantEs politiques, écologistes compris. Cela interroge d’ailleurs, c’est évident par le peu de cas fait de ce livre, contrairement aux précédents ouvrages [3], plus théoriques, plus “critique sociale”. Il ne semble pas évident de parler d’amour quand on fait de la politique ! On peut remercier André Gorz pour cette “Lettre” et l’assurer, si besoin est, que ce livre, comme les précédents, nous importe et nous fait réfléchir.


On peut commander ces excellents livres auprès de la librairie militante Ecodif.

 

[1] “Nous avons fréquenté les gens de La Gueule ouverte et du Sauvage (…).”

[2] “(…) l’expansion des industries transforme la société en une gigantesque machine qui, au lieu de libérer les humains, restreint leur espace d’autonomie et détermine quelles fins ils doivent poursuivre et comment”.

[3] les deux derniers, excellents aussi, non plus pour l’intimité présentée dans la “Lettre à D.”, mais par l’intelligence du propos social : “Misères du présent, richesse du possible” et “L’immatériel”

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